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Jeunesfooteux
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RC Lens : stop au catastrophisme malgré la claque infligée par le LOSC


Dimanche 5 Avril 2026 10:50 - écrit par

Humilié dans le derby à Lille, le RC Lens traverse un trou d’air, mais parler de saison ratée n’a aucun sens au regard du contexte, de l’effectif et du chantier ouvert par Pierre Sage.



Lens s’est fait marcher dessus à Lille, oui. 3-0, pas de réaction, un derby raté de A à Z, et une impression gênante : les Sang et Or n’étaient tout simplement pas invités au match. Dans l’intensité, dans les duels, dans la justesse technique, le LOSC a dominé son sujet pendant 90 minutes, confirmant sa montée en puissance en Ligue 1. Résultat : les réseaux s’enflamment, certains parlent déjà d'une fin de saison qui va mal tourner, de choix de Pierre Sage discutables, d’effectif mal construit. Sauf que si on remet les choses dans l’ordre, ce procès expéditif ne tient pas.

Une saison lensoise au-dessus des attentes malgré un énorme chantier

Au coup d’envoi de cette saison, qui voyait vraiment ce RC Lens jouer autre chose qu’une place entre la 7e et la 10e place, dans le sillage du précédent exercice terminé à la huitième place et présenté comme une phase de transition ? Le club sortait d’un mercato plein d’incertitudes : un jeune gardien nommé Robin Risser sans vraie expérience au haut niveau, une défense quasi totalement recomposée avec Samson Baidoo et Matthieu Udol, plus la promotion de Malang Sarr, qui était fortement depuis son arrivée. En attaque, Odsonne Edouard restait sur une saison presque blanche, Florian Thauvin arrivait avec l’étiquette du cadre qui ne court plus assez, et sur le banc débarquait un nouveau coach, Pierre Sage, avec ses idées et sa méthode à imposer.

À ce contexte déjà fragile se sont ajoutés les pépins physiques en cascade derrière. Lens joue depuis plusieurs semaines avec Ismaëlo Ganiou, qui évoluait encore en Ligue 2 la saison passée, et Nidal Celik, propulsé du National 3 à la Ligue 1. On parle de joueurs qui découvrent ce niveau dans un environnement ultra exigeant, avec une pression permanente exacerbée par les médias. Quand vous retirez un cadre comme Samson Baidoo de cette ligne défensive, l’impact se voit immédiatement : couverture imparfaite, sorties mal coordonnées, gestion des espaces en retard. Ganiou tient la baraque autant qu’il peut, mais les difficultés de Celik sautent aux yeux dans ce genre de choc à haute intensité. Ce n’est pas lui tirer dessus, c’est juste constater qu’il brûle des étapes.

Dans ces conditions, voir Lens naviguer dans le haut de tableau, se battre pour une place sur le podium qu'il devrait obtenir au regard de son confortable matelas à 6 journées de la fin, relève déjà de la performance. Cette équipe a longtemps joué avec une forme d’insouciance, puis elle a été rattrapée par les enjeux, la pression du classement, la fatigue et l’usure naturelle d’un groupe qui se construit encore. L’irrégularité actuelle n’a donc rien d’illogique, et surtout, elle ne doit pas effacer tout ce qui a été réussi jusqu’ici.

La vraie question n’est finalement pas de savoir si Lens a le droit de passer au travers d’un derby. Elle est de savoir si tu juges ce groupe sur un soir raté… ou sur une saison où, malgré tout, il avance bien plus vite que prévu.



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